Apiguide
a prêté ses pages à un mélomane qui veut
bien exposer quelques décennies de recherches personnelles en
matière de reproduction sonore haute-fidélité....
Temps
et musique "Si le son naît et meurt, c'est bien qu'il est entouré
de silence et que, sans ce dernier, il perdrait tout son sens. On écoute
la musique dans le silence, comme pour pouvoir la recréer intérieurement."
Rubrique Esthétique: www.contrepointphilosophique.ch
"Le temps est le paramètre principal de la musique, un des
rares arts à s'inscrire dans une évolution temporelle. La
différenciation entre temps subjectif et temps objectif y joue
un rôle primordial, puisque l'émotion procurée se
mesure à l'aune d'un temps subjectif, non quantifiable" encyclopédie
Wikipedia
"L'audition
est prisonnière du temps, l'objet sonore (à quelques exceptions
près, souvent des artefacts de la civilisation) n'existe que dans
la fugitivité. On ne sait pas s'arrêter sur un son. Les moyens
d'enregistrement permettent de revenir sur un son, de le répéter,
pas de le figer. Le jugement porté sur un son fait forcement intervenir
la mémoire, un son perdu dans sa durée est aussi un souvenir.
Le second point qu'il me semble important de noter est que l'audition
intervient dans notre cerveau à un niveau plus élémentaire...": http://www.lavardin.com/flux3E.html
"Le
temps et l'espace sont avec les sensations un seul et même
acte créateur. Il n'y a pas d'espace et de temps en dehors
de la sensation. Il n'y a pas d'espace et de temps donnés
qui préexisteraient aux sensations, lesquelles y seraient
incluses. L'espace et le temps sont créés en même
temps que les sensations. " Alexandre Scriabine.
2°)
L'important? c'est le temps!
"La musique n'a jamais été constituée
uniquement de sons mais d'intervalles et de sons. Pour qu'un son
devienne ce qu'il est, il faut un rapport au suivant, à la
pause suivante, à l'accident suivant. De là, la temporalité
de la musique. Elle s'explique avec le temps, dans la durée."
(Ce que l'on écoute: Alberto
Velho Nogueira)
Pourquoi
le temps est-il important? Parce que le temps gère l'alternance
des sons entre eux et gère l'alternance des sons avec le
silence. Et cela m'amène naturellement à m'intéresser
au silence et à son rapport avec le son, la dynamique.
Le
silence n'est pas l'absence de son !
Dans
mon commentaire sur l'écoute du symétriseur
de courant secteur je parle de "silence habité".
Je m'explique: "Le silence ne se confond pas avec l’absence
de sonorité, à un monde sans frémissement,
étale, ou rien jamais ne se ferait entendre... Le silence
finalement, au sens littéral, n’existe ni dans l’homme
ni dans la nature. Tout milieu résonne de manifestations
sonores particulières, même si elles sont espacées,
ténues, étouffées, lointaines, à la
limite de l’audible.... Les mouvements de l’homme
dans l’espace laissent la trace sonore de ses pas, de ses
gestes, de son souffle ; son immobilité même n’annule
pas sa respiration et les bruits de son corps. Toujours l’existence
palpite et fait entendre sa rumeur..." (Anthropologie
du silence)
On comprendra mieux cette importance du contenu
du silence avec un film. Au cinéma, le silence ne correspond
pas à l'absence complète de son. Chaque lieu de
tournage possède une ambiance sonore caractérisée
par des bruits particuliers (craquements, ventilation, bruits
extérieurs, etc.). Cette ambiance sonore paraît plus
évidente en l'absence de dialogue ou de bruits intenses.
La dynamique, soit, mais quelle dynamique?
Au
sens de l'ingénieur du son, la « dynamique »
d'un système d'enregistrement ou de reproduction de la
musique est la différence qui existe entre les niveaux
sonores minimum et maximum que le dit système peut traiter
dans des conditons de qualité de reproduction acceptables.
C'est une valeur qui s'exprime en dB ou dB(A). Le Décibel
(dB) est l'unité de mesure d’une pression acoustique.
Le décibel, dixième du Bel est le logarithme d’un
rapport de puissance ou de tension.On
définit le zéro dB comme le seuil d’audibilité
(1.10-12 Pa. Il est censé être représentatif
de la perception humaine du son. Ainsi, une variation de niveau
de 1dB est considérée comme le minimum perceptible
par l’oreille. De même, 10 dB correspondent à
une sensation de niveau sonore double. Le terme de dynamique peut
aussi recouvrir d'autres notions, voir le Glossaire
de l'ingénieur du son.
Selon
cette technique de mesure, voici quelques exemples de niveaux
sonores de quelques sources: (http://www.education.gouv.fr/)
0 dB (A) : seuil d’audition (ce n'est pas le silence, c'est
le minimum audible)
15 dB (A) : forêt
40 dB (A) : bibliothèque
65 dB (A) : bureau, salle de cours
85 dB (A) : restaurant d’entreprise, circulation urbaine
100 dB (A) : marteau-piqueur, menuiserie
110 dB (A) : concert d’un groupe de rock
125 dB (A) : avion au décollage (à 100m)
140 dB (A) : réacteur d’avion (à 25m), seuil
de douleur
Le bruit ambiant de votre salle de séjour, dans un environnement
calme, sera de l'ordre de 30 dB. Un signal musical devrait donc
être émis à au moins 31 dB pour être
audible dans votre salle de séjour.
Voici
quelques exemples de niveaux sonores d'instruments de musiques,
ce qu'ils représentent en puissance en watts et en dynamique....
et ce qui serait nécessaire comme ampli pour atteindre leure
niveau sonore maxi avec des hauts-parleurs ayant un rendement moyen
de 3% (source
la défunte revue L'audiophile)
Instrument
Puissance
moyenne (W)
Puissance
mini et maxi (µW et W)
Rapport
dynamique dB
Puissance
nécessaire (W)
de l' ampli
(HP de rendement 3%)
Flûte
Piccolo
Piano
Cor
Trompette
Cymbale 38cm
Contrebasse
Triangle
Grosse caisse
Orchestre. de
15 musiciens
Orchestre. de
75 musiciens
0,006
à 0,06
0,005 à 0,06
0,02 à 2,0
0,005 à 0,05
0,3 à 0,31
9,5 à 9,6
0,016 à 0,16
0,005 à 0,051
0,13 à 13
9 à 9,01
6,6 à 66
70
70
80
70
60
60
70
60
80
60
70
2,0
2,7
67,0
1,7
10,0
320,0
5,3
1,7
430,9
300,0
2200,0
Ainsi,
un piano reproduit par votre chaîne hi-fi pourrait atteindre
en théorie 31 dB + 80 dB de dynamique possible = 111 dB si
on veut entendre les pianissimi (bref, le niveau sonore d'un concert
Rock et pas loin des baffles!!! sur les accords plaqués FFFF
)... on sent bien que quelque chose ne colle pas dans ce genre d'analyse
(qui est pourtant au plan technique tout-à-fait correcte)
et que la transposer telle quelle à l'écoute de la
musique en milieu domestique est une abérration. Il n'a jamais
été question pour le mélomane de mettre 75
musiciens dans son salon, mais d'essayer d'y retrouver presque le
même plaisir musical qu'il avait ressenti au concert avec
les 75 musiciens dans une grande salle.
Une mesure bien peu satisfaisante pour le mélomane!
Cette notion de dynamique ramenée à des Watts et à
un volume sonore est à mon sens très réductrice
et ne représente que bien pauvrement ce que le mélomane
perçoit. C'est normal, la dynamique est ici mesurée
avec un micro et un voltmètre (ou un décibelmètre)
et non avec deux oreilles et un cerveau.
Le fait d'avoir "plein de watts"
sous le coude ne fait pas qu'un amplificateur restitue correctement
le sentiment de force, de vie, de puissance qui anime aussi bien
un solo de flute, qu'un tutti orchestral. En outre la "puissance"
perçue par le cerveau n'est pas "une" mais multiple
et diverse. Cette dynamique n'est pas un tout homogène mais
l'addition de la dynamique d'instruments et/ou de chanteurs répartis
dans un espace. Plus que le niveau sonore maxi "absolu"
ce que le cerveau ressent comme "dynamique" c'est la manière
dont on passe d'un niveau sonore à l'autre, et ce dans les
deux sens, vers le bas comme vers le haut.
Je
vais à nouveau prendre une image pour me faire comprendre:
Imaginons
une maison. Le niveau sonore le plus bas serait représenté
par le premier étage situé un mètre au dessus
du jardin, le niveau maxi serait figuré par le second étage
situé 4 mètres au dessus du sol. La dynamique serait
donc 3 mètres. Hélas ça ne nous renseigne pas
sur le nombre d'escaliers et le nombre de marches et encore moijns
sur le nombre de pièces. Et vous vous fichez bien de savoir
qu'il y a 3 m entre les deux niveaux.
Le cerveau se fiche lui aussi de savoir quel esl le niveau atteint.
Ce qui va lui plaire c'est la manière d'y arriver, et il
va mieux percevoir la dynamique si on lui donne des escaliers avec
plus de marches et si chaque instrument a son propre escalier. (réécoutez
Toscanini ou Célibidache, réécoutez Fritz Reiner
et le Chicago symphony orchestra, époques où la technique
ne permettait pas en théorie d'enregistrer avec une "dynamique"
comme le permet le numérique aujourd'hui, vous ne constaterez
pourtant aucune frustration, bien au contraire, nombre d'enregistrements
récents vous paraitront bien fades et peu dynamiques en comparaison!
)
Et c'est peut-être pour cela qu'un bon petit ampli de 12
watts donne parfois un sentiment de puissance supérieur à
un ampli de 150 watts. De même un ampli bien conçu
va conserver cette sensation de puissance même en écoute
à bas niveau.
Bien
gérer le temps, tout est là!
Le temps va en effet différencier 2 niveaux sonores successifs,
le temps va gérer l'émotion et le sentiment que l'interprête
essaye d'exprimer par d'infimes variations de tempo, de rythme,
de silences, de puissance, de vibrato. Le temps va gérer
les timbres de chaque instrument dans les quelques premières
millisecondes de la création du son. Le temps va gérer
la position de chaque instrument dans l'espace. Plus le temps sera
géré finement par une chaine hi-fi, plus l'auditeur
aura d'occasions d'être sollicité et ému par
la musique reproduite.
Pas
de différence entre une flûte à bec, un violon
ou piano !
Si on supprime la naissance de la note, le moment où
l'anche se met à vibrer, où l'archet attaque la corde,
où le marteau du piano frappe la corde, alors sur la note
qui ainsi tenue, il n'est plus possible de reconnaitre l'instrument
joué! C'est dire toute l'importance que revêt ce tout
petit morceau de temps qui "voit" la génèse
du son.
Une
flûte de 3m de large sur 2m de haut !
Désolé,
le cerveau n'y croit pas car il a quand même quelques références
auditives qui lui disent "ce truc là n'existe pas",
je ne marche pas. De la même façon, le cerveau va refuser
une scène sonore virtuelle non réaliste, avec un placement
fantaisiste des instruments ou des chanteurs. Le cerveau exige une
bonne adéquation entre la source sonore qu'il perçoit
à tel endroit dans l'espace et le niveau sonore qu'il entend.
Géographiquement placé à 10m , un violon ne
doit pas sonner comme s'il était à 1m.
Le cerveau est encore plus exigeant sur la dynamique qu'il ressent.
Ainsi un coup de cymbale bien cerné dans une scène
sonore crédible sera perçu comme plus puissant, plus
expressif, plus convaincant que le même coup de cymbale à
la surface imprécise et floue (et pourtant mesuré
sur le CD exactement au même niveau sonore en dB). Cette bonne
localisation dans l'espace requiert un parfait respect des phases
des différents signaux sonores émis à 360°
par l'instrument (si la prise de son est bonne) ... et encore une
fois, la phase, c'est le temps, le temps c'est l'espace, c'est la
bonne localisation des instruments.
Cela
peut sembler paradoxal... mais une bonne chaîne hi-fi
doit bien reproduire ... le silence! Un peu à la
manière des très bons vidéoprojecteurs
qui savent créer des noirs intenses, les bons systèmes
de reproduction sonore "projettent" le silence sur
lequel la musique va s'inscrire de façon encore plus
lisible, plus sensible, plus vraie. Un silence de haute qualité,
profond, aérien et non pas lourd comme une chappe de
plomb. Un silence qui parfois peut même légèrement
atténuer subjectivement le bruit ambiant de la pièce
d'écoute. Je suis toujours étonné de
ce que le cerveau du mélomane peut arriver à
faire! (en fait il s'agit de reproduire à domicile
l'acoustique, l'ambiance, l'atmosphère du lieu d'enregistrement...
et une bonne prise de son le permet! )
Visitez
le Webring Audiophile
The Audiophile Webring is for anyone with an interest in high-end
home audio and home theatre equipment. It allows you to show
what your system is comprised of and the music or movies you
enjoy listening to and watching.
C'est
l'éternelle histoire de la poule et de l'oeuf... et du temps
-
le respect des timbres,
- la spatialisation 3D du son,
- la matérialisation du point d'émission
- l'instantanéité de l'attaque
Ces
4 points optimisés sont à mon sens les éléments
qui font que vous croyez immédiatement à ce que vous
entendez et vous "entrez" dans la musique sans vous poser
la moindre question.
Je
suis persuadé que chacun de ces points est indissociable
des autres et contribue à leur émergence à
tous. En les prenant par paire, au hasard, on voit bien à
chaque fois que cela peut influencer au moins un des deux autres
points. En fait il s'agit de maintenir une parfaite cohésion
sonore tout au long de la chaine. Faire en sorte qu'un son émis
au temps 1, juste avant un autre émis au temps 2, arrive
à vos oreilles en respectant bien ce décalage... bon
sang que cela parait simple... mais bon sang que c'est difficile
à obtenir.
(*) je préfère
dire tonus à la place de dynamique, car tonus me semble mieux
exprimer à la fois la dynamique fine (celle qui régit
les infimes écarts entre 2 niveaux successifs) et la dynamique
classique (celle qui régit l'écart entre le niveau
le plus bas et le niveau sonore le plus élevé).
"Les
audiophiles ont raison"
Vous
pouvez lire les propos ci-dessous sur le site Web du constructeur
très sérieux et réputé Lavardin Technologies: http://www.lavardin.com/telecom1F.html
..."Les
audiophiles ont raison quand ils disent que les mesures faites ne
sont pas pertinentes. Ces mesures (de distorsion) semblent pourtant
rigoureuses car elles utilisent des signaux de test sinusoidaux
en application des théories mathématiques de Fourier
et peuvent être d'une précision extrême (jusqu'à
-140 dB). Malheureusement cette rigueur et cette précision
sont illusoires car elles sont fondées sur des modèles
simplistes des circuits et ignorent le monde réel. En particulier
la notion de temps est perdue avec des signaux de test sinusoidaux:
pour les mesures de distorsion linéaire (les théories
de Fourier s'appliquent alors avec rigueur), on ne connaît
que la phase; ainsi un écho parfaitement audible se traduit
par une légère ondulation de la phase qui, si elle
est remarquée, sera jugée inaudible. Pour les mesures
de distorsion non-linéaire, l'utilisation des signaux de
test sinusoidaux est d'une rigueur discutable (on fait l'hypothèse
qu'un système est linéaire pour mesurer ses non-linéarités):
on ne mesure avec ceux-ci qu'une fonction de transfert que l'on
suppose être celle du matériel testé; mais si
le comportement dynamique est différent du comportement statique,
c'est-à-dire si la fonction de transfert est variable, on
n'a pas mesuré LA fonction de transfert mais une fonction
de transfert parmi d'autres; on est loin d'avoir caractérisé
le comportement pour tous les signaux." ...
..."La
préférence des puristes pour les supports analogiques
n'est pas non plus sans fondements. Les circuits numériques
sont parfaitement conçus pour des signaux sinusoidaux et
cela incite leurs concepteurs à les estimer également
parfaits dans le cas de signaux musicaux, malheureusement on utilise
le théorème de Shannon sans plus de rigueur qu'on
a utilisé l'analyse de Fourier. "...