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Temps et musique
"Si le son naît et meurt, c'est bien qu'il est entouré de silence et que, sans ce dernier, il perdrait tout son sens. On écoute la musique dans le silence, comme pour pouvoir la recréer intérieurement."
Rubrique Esthétique:
www.contrepointphilosophique.ch


"Le temps est le paramètre principal de la musique, un des rares arts à s'inscrire dans une évolution temporelle. La différenciation entre temps subjectif et temps objectif y joue un rôle primordial, puisque l'émotion procurée se mesure à l'aune d'un temps subjectif, non quantifiable" encyclopédie Wikipedia

"L'audition est prisonnière du temps, l'objet sonore (à quelques exceptions près, souvent des artefacts de la civilisation) n'existe que dans la fugitivité. On ne sait pas s'arrêter sur un son. Les moyens d'enregistrement permettent de revenir sur un son, de le répéter, pas de le figer. Le jugement porté sur un son fait forcement intervenir la mémoire, un son perdu dans sa durée est aussi un souvenir. Le second point qu'il me semble important de noter est que l'audition intervient dans notre cerveau à un niveau plus élémentaire...":
http://www.lavardin.com/flux3E.html

La musique du silence de Mahler:
"Mahler a choisi de commencer sa première symphonie avec un son qui repose sur le silence" http://www.scena.org/lsm/sm6-9/Mahler-fr.html


 
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Le coin audiophile pour les mélomanes

Pistes pour améliorer le son d'une chaîne hi-fi

Bavardage sur la musique,
Considérations personnelles sur ce qui devrait être optimisé
pour une reproduction émouvante de la musique chez soi...

"Le temps et l'espace sont avec les sensations un seul et même acte créateur. Il n'y a pas d'espace et de temps en dehors de la sensation. Il n'y a pas d'espace et de temps donnés qui préexisteraient aux sensations, lesquelles y seraient incluses. L'espace et le temps sont créés en même temps que les sensations. " Alexandre Scriabine.

2°) L'important? c'est le temps!

"La musique n'a jamais été constituée uniquement de sons mais d'intervalles et de sons. Pour qu'un son devienne ce qu'il est, il faut un rapport au suivant, à la pause suivante, à l'accident suivant. De là, la temporalité de la musique. Elle s'explique avec le temps, dans la durée." (Ce que l'on écoute: Alberto Velho Nogueira)

Pourquoi le temps est-il important? Parce que le temps gère l'alternance des sons entre eux et gère l'alternance des sons avec le silence. Et cela m'amène naturellement à m'intéresser au silence et à son rapport avec le son, la dynamique.

Le silence n'est pas l'absence de son !

Dans mon commentaire sur l'écoute du symétriseur de courant secteur je parle de "silence habité". Je m'explique: "Le silence ne se confond pas avec l’absence de sonorité, à un monde sans frémissement, étale, ou rien jamais ne se ferait entendre... Le silence finalement, au sens littéral, n’existe ni dans l’homme ni dans la nature. Tout milieu résonne de manifestations sonores particulières, même si elles sont espacées, ténues, étouffées, lointaines, à la limite de l’audible.... Les mouvements de l’homme dans l’espace laissent la trace sonore de ses pas, de ses gestes, de son souffle ; son immobilité même n’annule pas sa respiration et les bruits de son corps. Toujours l’existence palpite et fait entendre sa rumeur..." (Anthropologie du silence)
On comprendra mieux cette importance du contenu du silence avec un film. Au cinéma, le silence ne correspond pas à l'absence complète de son. Chaque lieu de tournage possède une ambiance sonore caractérisée par des bruits particuliers (craquements, ventilation, bruits extérieurs, etc.). Cette ambiance sonore paraît plus évidente en l'absence de dialogue ou de bruits intenses.

La dynamique, soit, mais quelle dynamique?

Au sens de l'ingénieur du son, la « dynamique » d'un système d'enregistrement ou de reproduction de la musique est la différence qui existe entre les niveaux sonores minimum et maximum que le dit système peut traiter dans des conditons de qualité de reproduction acceptables. C'est une valeur qui s'exprime en dB ou dB(A). Le Décibel (dB) est l'unité de mesure d’une pression acoustique. Le décibel, dixième du Bel est le logarithme d’un rapport de puissance ou de tension.On définit le zéro dB comme le seuil d’audibilité (1.10-12 Pa. Il est censé être représentatif de la perception humaine du son. Ainsi, une variation de niveau de 1dB est considérée comme le minimum perceptible par l’oreille. De même, 10 dB correspondent à une sensation de niveau sonore double. Le terme de dynamique peut aussi recouvrir d'autres notions, voir le Glossaire de l'ingénieur du son.

Selon cette technique de mesure, voici quelques exemples de niveaux sonores de quelques sources: (http://www.education.gouv.fr/)
0 dB (A) : seuil d’audition (ce n'est pas le silence, c'est le minimum audible)
15 dB (A) : forêt
40 dB (A) : bibliothèque
65 dB (A) : bureau, salle de cours
85 dB (A) : restaurant d’entreprise, circulation urbaine
100 dB (A) : marteau-piqueur, menuiserie
110 dB (A) : concert d’un groupe de rock
125 dB (A) : avion au décollage (à 100m)
140 dB (A) : réacteur d’avion (à 25m), seuil de douleur

Le bruit ambiant de votre salle de séjour, dans un environnement calme, sera de l'ordre de 30 dB. Un signal musical devrait donc être émis à au moins 31 dB pour être audible dans votre salle de séjour.

Voici quelques exemples de niveaux sonores d'instruments de musiques, ce qu'ils représentent en puissance en watts et en dynamique.... et ce qui serait nécessaire comme ampli pour atteindre leure niveau sonore maxi avec des hauts-parleurs ayant un rendement moyen de 3% (source la défunte revue L'audiophile)

Instrument
Puissance moyenne (W)
Puissance mini et maxi (µW et W)
Rapport dynamique dB
Puissance nécessaire (W)
de l' ampli
(HP de rendement 3%)
Flûte
Piccolo
Piano
Cor
Trompette
Cymbale 38cm
Contrebasse
Triangle
Grosse caisse
Orchestre. de
15 musiciens
Orchestre. de
75 musiciens

0,003
0,0005
0,0007
0,002
0,007
0,03
0,002
0,0005
0,1

0,006

0,04
0,006 à 0,06
0,005 à 0,06
0,02 à 2,0
0,005 à 0,05
0,3 à 0,31
9,5 à 9,6
0,016 à 0,16
0,005 à 0,051
0,13 à 13

9 à 9,01

6,6 à 66
70
70
80
70
60
60
70
60
80

60

70

2,0
2,7
67,0
1,7
10,0
320,0
5,3
1,7
430,9

300,0

2200,0


Ainsi, un piano reproduit par votre chaîne hi-fi pourrait atteindre en théorie 31 dB + 80 dB de dynamique possible = 111 dB si on veut entendre les pianissimi (bref, le niveau sonore d'un concert Rock et pas loin des baffles!!! sur les accords plaqués FFFF )... on sent bien que quelque chose ne colle pas dans ce genre d'analyse (qui est pourtant au plan technique tout-à-fait correcte) et que la transposer telle quelle à l'écoute de la musique en milieu domestique est une abérration. Il n'a jamais été question pour le mélomane de mettre 75 musiciens dans son salon, mais d'essayer d'y retrouver presque le même plaisir musical qu'il avait ressenti au concert avec les 75 musiciens dans une grande salle.

Une mesure bien peu satisfaisante pour le mélomane!

Cette notion de dynamique ramenée à des Watts et à un volume sonore est à mon sens très réductrice et ne représente que bien pauvrement ce que le mélomane perçoit. C'est normal, la dynamique est ici mesurée avec un micro et un voltmètre (ou un décibelmètre) et non avec deux oreilles et un cerveau
. Le fait d'avoir "plein de watts" sous le coude ne fait pas qu'un amplificateur restitue correctement le sentiment de force, de vie, de puissance qui anime aussi bien un solo de flute, qu'un tutti orchestral. En outre la "puissance" perçue par le cerveau n'est pas "une" mais multiple et diverse. Cette dynamique n'est pas un tout homogène mais l'addition de la dynamique d'instruments et/ou de chanteurs répartis dans un espace. Plus que le niveau sonore maxi "absolu" ce que le cerveau ressent comme "dynamique" c'est la manière dont on passe d'un niveau sonore à l'autre, et ce dans les deux sens, vers le bas comme vers le haut.

Je vais à nouveau prendre une image pour me faire comprendre:

Imaginons une maison. Le niveau sonore le plus bas serait représenté par le premier étage situé un mètre au dessus du jardin, le niveau maxi serait figuré par le second étage situé 4 mètres au dessus du sol. La dynamique serait donc 3 mètres. Hélas ça ne nous renseigne pas sur le nombre d'escaliers et le nombre de marches et encore moijns sur le nombre de pièces. Et vous vous fichez bien de savoir qu'il y a 3 m entre les deux niveaux.

Le cerveau se fiche lui aussi de savoir quel esl le niveau atteint. Ce qui va lui plaire c'est la manière d'y arriver, et il va mieux percevoir la dynamique si on lui donne des escaliers avec plus de marches et si chaque instrument a son propre escalier. (réécoutez Toscanini ou Célibidache, réécoutez Fritz Reiner et le Chicago symphony orchestra, époques où la technique ne permettait pas en théorie d'enregistrer avec une "dynamique" comme le permet le numérique aujourd'hui, vous ne constaterez pourtant aucune frustration, bien au contraire, nombre d'enregistrements récents vous paraitront bien fades et peu dynamiques en comparaison! )
Et c'est peut-être pour cela qu'un bon petit ampli de 12 watts donne parfois un sentiment de puissance supérieur à un ampli de 150 watts. De même un ampli bien conçu va conserver cette sensation de puissance même en écoute à bas niveau.

Bien gérer le temps, tout est là!

Le temps va en effet différencier 2 niveaux sonores successifs, le temps va gérer l'émotion et le sentiment que l'interprête essaye d'exprimer par d'infimes variations de tempo, de rythme, de silences, de puissance, de vibrato. Le temps va gérer les timbres de chaque instrument dans les quelques premières millisecondes de la création du son. Le temps va gérer la position de chaque instrument dans l'espace. Plus le temps sera géré finement par une chaine hi-fi, plus l'auditeur aura d'occasions d'être sollicité et ému par la musique reproduite.

Pas de différence entre une flûte à bec, un violon ou piano !

Si on supprime la naissance de la note, le moment où l'anche se met à vibrer, où l'archet attaque la corde, où le marteau du piano frappe la corde, alors sur la note qui ainsi tenue, il n'est plus possible de reconnaitre l'instrument joué! C'est dire toute l'importance que revêt ce tout petit morceau de temps qui "voit" la génèse du son.

Une flûte de 3m de large sur 2m de haut !

Désolé, le cerveau n'y croit pas car il a quand même quelques références auditives qui lui disent "ce truc là n'existe pas", je ne marche pas. De la même façon, le cerveau va refuser une scène sonore virtuelle non réaliste, avec un placement fantaisiste des instruments ou des chanteurs. Le cerveau exige une bonne adéquation entre la source sonore qu'il perçoit à tel endroit dans l'espace et le niveau sonore qu'il entend. Géographiquement placé à 10m , un violon ne doit pas sonner comme s'il était à 1m.
Le cerveau est encore plus exigeant sur la dynamique qu'il ressent. Ainsi un coup de cymbale bien cerné dans une scène sonore crédible sera perçu comme plus puissant, plus expressif, plus convaincant que le même coup de cymbale à la surface imprécise et floue (et pourtant mesuré sur le CD exactement au même niveau sonore en dB). Cette bonne localisation dans l'espace requiert un parfait respect des phases des différents signaux sonores émis à 360° par l'instrument (si la prise de son est bonne) ... et encore une fois, la phase, c'est le temps, le temps c'est l'espace, c'est la bonne localisation des instruments.

Cela peut sembler paradoxal... mais une bonne chaîne hi-fi doit bien reproduire ... le silence! Un peu à la manière des très bons vidéoprojecteurs qui savent créer des noirs intenses, les bons systèmes de reproduction sonore "projettent" le silence sur lequel la musique va s'inscrire de façon encore plus lisible, plus sensible, plus vraie. Un silence de haute qualité, profond, aérien et non pas lourd comme une chappe de plomb. Un silence qui parfois peut même légèrement atténuer subjectivement le bruit ambiant de la pièce d'écoute. Je suis toujours étonné de ce que le cerveau du mélomane peut arriver à faire! (en fait il s'agit de reproduire à domicile l'acoustique, l'ambiance, l'atmosphère du lieu d'enregistrement... et une bonne prise de son le permet! )

Suite... 3°) L'important, c'est l'infime !

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Matérialisation dans l'espace,
timbres et tonus*

C'est l'éternelle histoire de la poule et de l'oeuf... et du temps

- le respect des timbres,
- la spatialisation 3D du son,
- la matérialisation du point d'émission
- l'instantanéité de l'attaque

Ces 4 points optimisés sont à mon sens les éléments qui font que vous croyez immédiatement à ce que vous entendez et vous "entrez" dans la musique sans vous poser la moindre question.

Je suis persuadé que chacun de ces points est indissociable des autres et contribue à leur émergence à tous. En les prenant par paire, au hasard, on voit bien à chaque fois que cela peut influencer au moins un des deux autres points. En fait il s'agit de maintenir une parfaite cohésion sonore tout au long de la chaine. Faire en sorte qu'un son émis au temps 1, juste avant un autre émis au temps 2, arrive à vos oreilles en respectant bien ce décalage... bon sang que cela parait simple... mais bon sang que c'est difficile à obtenir.

(*) je préfère dire tonus à la place de dynamique, car tonus me semble mieux exprimer à la fois la dynamique fine (celle qui régit les infimes écarts entre 2 niveaux successifs) et la dynamique classique (celle qui régit l'écart entre le niveau le plus bas et le niveau sonore le plus élevé).

 


 

"Les audiophiles ont raison"

Vous pouvez lire les propos ci-dessous sur le site Web du constructeur très sérieux et réputé Lavardin Technologies:
http://www.lavardin.com/telecom1F.html

..."Les audiophiles ont raison quand ils disent que les mesures faites ne sont pas pertinentes. Ces mesures (de distorsion) semblent pourtant rigoureuses car elles utilisent des signaux de test sinusoidaux en application des théories mathématiques de Fourier et peuvent être d'une précision extrême (jusqu'à -140 dB). Malheureusement cette rigueur et cette précision sont illusoires car elles sont fondées sur des modèles simplistes des circuits et ignorent le monde réel. En particulier la notion de temps est perdue avec des signaux de test sinusoidaux: pour les mesures de distorsion linéaire (les théories de Fourier s'appliquent alors avec rigueur), on ne connaît que la phase; ainsi un écho parfaitement audible se traduit par une légère ondulation de la phase qui, si elle est remarquée, sera jugée inaudible. Pour les mesures de distorsion non-linéaire, l'utilisation des signaux de test sinusoidaux est d'une rigueur discutable (on fait l'hypothèse qu'un système est linéaire pour mesurer ses non-linéarités): on ne mesure avec ceux-ci qu'une fonction de transfert que l'on suppose être celle du matériel testé; mais si le comportement dynamique est différent du comportement statique, c'est-à-dire si la fonction de transfert est variable, on n'a pas mesuré LA fonction de transfert mais une fonction de transfert parmi d'autres; on est loin d'avoir caractérisé le comportement pour tous les signaux." ...

..."La préférence des puristes pour les supports analogiques n'est pas non plus sans fondements. Les circuits numériques sont parfaitement conçus pour des signaux sinusoidaux et cela incite leurs concepteurs à les estimer également parfaits dans le cas de signaux musicaux, malheureusement on utilise le théorème de Shannon sans plus de rigueur qu'on a utilisé l'analyse de Fourier. "...