Guillaume Apollinaire

.../... Dans le couloir Mony glissa cinquante francs à l'employé de la Compagnie des Wagons-Lits qui laissa les deux couples s'introduire dans la même cabine :
- Vous vous arrangerez avec la douane, dit le prince à l'homme en casquette, nous n'avons rien à déclarer. Par exemple, deux minutes avant le passage de la frontière vous frapperez à notre porte.
Dans la cabine, ils se mirent tous les quatre à poil. Mariette fut la première nue. Mony ne l'avait jamais vue ainsi, mais il reconnut ses grosses cuisses rondes et la forêt de poils qui ombrageait son con rebondi. Ses tétons bandaient autant que les vits de Mony et de Cornaboeux.
- Cornaboeux, dit Mony, encule-moi pendant que je fourbirai cette jolie fille.
Le déshabillage d'Estelle était plus long et quand elle fut à poil, Mony s'était introduit en levrette dans le con de Mariette qui commençant à jouir, agitait son gros postérieur et le faisait claquer contre le ventre de Mony. Cornabœux avait passé son nœud court et gros dans l'anus dilaté de Mony qui gueulait :
- Cochon de chemin de fer ! Nous n'allons pas pouvoir garder l'équilibre.
Mariette gloussait comme une poule et titubait comme une grive dans les vignes. Mony avait passé les bras autour d'elle et lui écrasait les tétons. Il admira la beauté d'Estelle dont la dure chevelure décelait la main d'un coiffeur habile.
C'était la femme moderne dans toute l'acception du mot : cheveux ondulés tenus par des peignes d'écaillé dont la couleur allait avec la savante décoloration de la chevelure. Son corps était d'une joliesse charmante. Son cul était nerveux et relevé d'une façon provocante. Son visage fardé avec art lui donnait l'air piquant d'une putain de haut luxe. Ses seins tombaient un petit peu mais cela lui allait très bien, ils étaient petits, menus et en forme de poire. Quand on les maniait, ils étaient doux et soyeux, on aurait cru toucher les pis d'une chèvre laitière et, quand elle se tournait, ils sautillaient comme un mouchoir de batiste roulé en boule que l'on ferait danser sur la main. Sur la motte, elle n'avait qu'une petite touffe de poils soyeux.
Elle se mit sur la couchette et, faisant une cabriole, jeta ses longues cuisses nerveuses autour du cou de Mariette qui, ayant ainsi le chat de sa maîtresse devant la bouche, commença à le glottiner gloutonnement, enfonçant le nez entre les fesses, dans le trou du cul.
Estelle avait déjà fourré sa langue dans le con de sa soubrette et suçait à la fois l'intérieur d'un con enflammé et la grosse bitte de Mony qui s'y remuait avec ardeur. Cornaboeux jouissait avec béatitude de ce spectacle. Son gros vit entré jusqu'à la garde dans le cul poilu du prince allait et venait lentement.
Il lâcha deux ou trois bons pets qui empuantirent l'atmosphère en augmentant la jouissance du prince et des deux femmes. Tout à coup, Estelle se mit à gigoter effroyablement, son cul se mit à danser devant le nez de Mariette dont les gloussements et les tours de cul devinrent aussi plus forts. Estelle lançait à droite et à gauche ses jambes gainées de soie noire et chaussées de souliers à talons Louis XV...../...

(Les Onze Mille Verges)



   
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