Guillaume Apollinaire

.../... En remuant ainsi, elle donna un coup de pied terrible dans le nez de Cornabœux qui en fut étourdi et se mit à saigner abondamment.
« Putain ! » hurla violemment le cul de Mony.
Celui-ci, pris de rage, mordit terriblement l'épaule de Mariette qui déchargeait en beuglant.
Sous l'effet de la douleur, elle planta ses dents dans le con de sa maîtresse qui, hystériquement, serra ses cuisses autour de son cou.
- J'étouffe ! articula difficilement Mariette, mais on ne l'écouta pas.

L'étreinte des cuisses devint plus forte. La face de Mariette devint violette, sa bouche écumante restait fixée sur le con de l'actrice.
Mony déchargeait, en hurlant, dans un con inerte.
Cornabœux, les yeux hors de la tête, lâchait son foutre dans le cul de Mony en déclarant d'une voix lâche :
- Si tu ne deviens pas enceinte, t'es pas un homme !
Les quatre personnages s'étaient affalés.
Etendue sur la couchette, Estelle grinçait des dents et donnait des coups de poing de tous côtés en agitant les jambes. Cornabœux pissait par la portière. Mony essayait de retirer son vit du con de Mariette. Mais il n'y avait pas moyen.
Le corps de la soubrette ne remuait plus.
- Laisse-moi sortir, lui disait Mony,
et il la caressait, puis il lui pinça les fesses, la mordit, mais rien n'y fit.
- Viens lui écarter les cuisses, elle est évanouie ! dit Mony à Cornabœux.
C'est avec une grande peine que Mony put arriver à sortir son vit du con qui s'était effroyablement serré.
Ils essayèrent ensuite de faire revenir Mariette, mais rien n'y fit :
- Merde! elle a crampsé, déclara Cornabœux.
Et c'était vrai, Mariette était morte étranglée par les jambes de sa maîtresse, elle était morte, irrémédiablement morte.
- Nous sommes frais ! dit Mony.
- C'est cette salope qui est cause de tout, déclara Cornabœux en désignant Estelle qui commençait à se calmer.
Et prenant une brosse à tête dans le nécessaire de voyage d'Estelle, il se mit à lui taper dessus violemment.
Les soies de la brosse la piquaient à chaque coup.
Cette correction semblait l'exciter énormément.
- A ce moment, on frappa à la porte.
- C'est le signal convenu, dit Mony, dans quelques instants nous passerons la frontière.
Il faut, je l'ai juré, tirer un coup, moitié en France, moitié en Allemagne.
- Enfile la morte.
Mony, vit bandant, se rua sur Estelle qui, les cuisses écartées, le reçut dans son con brûlant en criant :
- Mets-le jusqu'au fond, tiens !... tiens !
Les saccades de son cul avaient quelque chose de démoniaque, sa bouche laissait couler une bave qui, se mêlant avec le fard, dégoulinait infecte sur le menton et la poitrine ; Mony lui mit sa langue dans la bouche et lui enfonça le manche de la brosse dans le trou du cul.
Sous l'effet de cette nouvelle volupté, elle mordit si violemment la langue de Mony qu'il dut la pincer jusqu'au sang pour la faire lâcher.
Pendant ce temps, Cornaboeux avait retourné le cadavre de Mariette dont la face violette était épouvantable.
Il écarta les fesses et fit péniblement entrer son énorme vit dans l'ouverture sodomique.
Alors il donna un libre cours à sa férocité naturelle.
Ses mains arrachèrent touffes par touffes les cheveux blonds de la morte. Ses dents déchirèrent le dos d'une blancheur polaire, et le sang vermeil qui jaillit, vite coagulé, avait l'air d'être étalé sur de la neige.
Un peu avant la jouissance, il introduit sa main dans la vulve encore tiède et y faisant entrer tout son bras, il se mit à tirer les boyaux de la malheureuse femme de chambre.
Au moment de la jouissance il avait déjà tiré deux mètres d'entrailles et s'en était entouré la taille comme d'une ceinture de sauvetage.
Il déchargea en vomissant son repas tant à cause des trépidations du train qu'à cause des émotions qu'û avait ressenties.
Mony venait de décharger et regardait avec stupéfaction son valet de chambre hoqueter affreusement en dégueulant sur le cadavre lamentable.
Parmi les cheveux sanglants, les boyaux et le sang se mêlaient aux dégueulis.
- Porc infâme, s'écria le prince, le viol de cette fille morte que tu devais épouser selon ma promesse pèsera lourd sur toi dans la vallée de Josaphat. Si je ne t'aimais pas tant je te tuerais comme un chien...../...

(Les Onze Mille Verges)


   
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