Quand tout fut prêt, Louisa apporta quatre verges qu'elle déposa
dévotieusement sur une chaise à côté du banc du supplice.
Mistress Grant, qui s'était contentée de surveiller ces préparatifs
d'un air de Junon indignée, prit alors la parole pour le petit speech
nécessaire et se tourna vers les élèves, qui, attentives, levaient
leurs petits nez fripons et curieux.
- Mesdemoiselles, - elle toussa pour affermir sa voix, - mesdemoiselles,
vous allez assister à la punition de deux de vos camarades qui ont
été condamnées, ce matin, par le conseil de discipline que je présidais,
à recevoir le fouet. Je vous prie de considérer ce châtiment comme
un exemple et de garder vos impressions pour vous. S'il est quelques-unes
d'entre vous qui ne se sentent pas le courage d'assister à cette juste
correction, elles peuvent sortir.
Mais personne ne sortit et la directrice sourit malicieusement d'un
petit air qui signifiait :
« Parbleu, ces petites sottes seraient bien chagrines si on les obligeait
à sortir maintenant. »
- Personne ne veut sortir, constata mistress Grant; c'est donc parfait.
Louisa et Fanny, amenez miss Helen, préparez-la, et Kate commencera
aussitôt : cinquante coups de verge pour la première.
Louisa et Fanny s'approchèrent d'Helen, qui, docile, se laissa faire.
Le déshabillage commença. Ce fut court.
Les mains agiles de Louisa glissèrent sous les jupes de la jeune fille
résignée, un peu pâle.
Elles tâtonnèrent un instant autour de la taille, puis le pantalon,
comme un gros flocon blanc, s'écroula sur les mignons souliers.
- Enjambez, miss, dit Louisa.
Helen obéit et, soutenue par les deux servantes, se dirigea vers le
banc, où elle fut hissée à califourchon par la robuste poigne des
deux filles.
Kate pesa sur la nuque d'Helen, lui fit baisser la tête. En deux temps
trois mouvements la mignonne fut couchée, chevilles et poignets emprisonnés
dans les boucles de cuir, dans l'incapacité la plus absolue de se
dégager de la posture qu'elle devait occuper jusqu'à la fin de sa
punition.../...
( Baby douce fille - 1911)