Sadie Blackeyes

C' est le pseudonyme de Pierre Mac Orlan (de son vrai nom Pierre Dumarchey)




Sadie Blackeyes

.../...
- Retroussez-la, commanda mistress Grant.
Tous les regards des assistantes convergèrent vers ce point qu'on allait dénuder.
Les servantes tirèrent sur les jupes, les retroussèrent largement, entraînèrent Ïa chemise, et la « splendeur » apparut ronde, potelée, dodue.
Helen rougit un peu et tandis que les servantes fixaient ses jupes et sa chemise avec des épingles afin de les empêcher de retomber durant la correction, toutes tes spectatrices purent contempler à leur aise l'adorable derrière de la jeune fille, un petit derrière en pomme, deux belles joues profondément séparées, cachant mal dans leur fissure des mystères charmants.
Mistress Grant, Clara Kelb, les maîtresses, les élèves et les servantes regardaient avec complaisance cette aimable rosé de chair, si pâle, si douce, si rosé dans l'écrin blanc de sa chemise relevée.
Helen, belle rosé blanche, bientôt rosé de pourpre !
Kate, sur un signe discret de mistress Grant, prit la plus grosse des quatre verges, l'assujettit bien dans sa main.
Ce mouvement n'échappa pas à la patiente.
On vit les jolies fesses se serrer convulsivement et le premier coup tomba, balafrant ce gracieux visage postérieur d'un long sillon rouge cuivré.
Un gémissement étouffé se fit entendre et la verge reprit son œuvre, mordant, hachant, fouailîant ces belles chairs plus faites en vérité pour connaître les douces caresses d'un jouvenceau passionné que ce brutal affront qui les outrageait si douloureusement.
May, maintenue aux épaules par Clara Kelb, dont les fines narines rosés palpitaient de volupté, regardait ce spectacle avec des yeux étrangement dilatés.
Elle suivait le mouvement du bras brandissant les verges, elle se contractait elle-même quand les baguettes avec un bruit mat frappaient la chair gonflée si harmonieusement arrondie.
Helen ne criait pas et cela stupéfiait Bébé, si douillette, si craintive. Sa pudeur, déjà grandement choquée, se révoltait devant les mines que le postérieur d'Helen semblait lui faire, pour la narguer.
Cette énorme lune, narquoise, tantôt semblait rire dans un épanouissement insolent de ses deux joues, tantôt semblait, en se serrant au point de ne plus révéler la raie médiane que telle une simple ligne, prendre des airs pinces pour s'épanouir de nouveau.
C'était la plus comique des danses, la danse du fouet, et le derrière d'Helen sautait en mesure, se levait, s'abaissait, se contractait, se dilatait, au rythme des verges marquant la cadence de la valse sur la peau fine, jadis blanche, maintenant rouge, d'un rouge ardent et luisant, un rouge de brûnire.
Au trentième coup, qui cingla affreusement la jeune fille, celle-ci se raidit dans ses liens, ouvrit la bouche pour crier, mais le son ne sortit pas.
Kate dirigea la pointe de ses verges de manière à frapper fe postérieur en long, atteignant le sillon des fesses et entre les jambes, un peu trop largement écartées.
Helen poussa un cri aigu cette fois.
Puis, chose étrange, cependant que la correction se poursuivait méthodiquement, elle ne proféra plus un cri, plus un gémissement.
Comme engourdie, elle fermait les yeux, desserrait les dents dans un rictus d'opiomane, abandonnait son corps, mollement...
La correction, sur un signe de mistress Grant, cessa.
Les cinquante coups de verge avaient été donnés et reçus.
La morale était sauve..../...

( Baby douce fille - 1911)



   
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