D.-A.-F. de Sade

Clairwil et moi, toujours dans cette même salle, nous étions étendues sur des canapés larges, élastiques et profonds, les jambes pendantes, les reins soulevés par de gros carreaux, absolument nues, et c'était le con que, dans cette première attaque, nous présentions à nos adversaires. Les tribades nous envoyaient les vits par rang de taille, de manière à ce que les plus petits commençassent ; mais ce n'était qu'aux pollutions de nos doigts qu'on adressait des vits, attendu que nous branlions de chaque main les deux successeurs de celui qui nous enconnait. Aussitôt que le con se remplissait aux dépens d'une main, il arrivait tout de suite un nouveau vit dans cette main, et nous avions toujours trois hommes chacune sur le corps. Celui qui était hors de combat se retirait dans une salle voisine jusqu'à nouvel ordre. Tous étaient nus, et tous déchargeaient dans un condom, dont leur vit était revêtu. Ils passaient successivement de Clairwil à moi : nous fûmes donc ainsi foutues chacune d'abord soixante-quatre coups. Pendant les derniers, nos femmes étaient passées dans la seconde pièce, où elles travaillaient à faire rebander les moines. La seconde course recommença... Encore soixante-quatre coups chacune. Mêmes procédés pour la troisième, mais ce fut le cul que nous présentâmes, et nos athlètes nous furent envoyés cette fois de manière à ce que nous eussions toujours un vit dans le cul, l'autre dans la bouche ; et c'est celui qui sortait de nos culs que nous sucions afin de le préparer à la quatrième attaque. Ici l'on observait l'alternative, c'est-à-dire que je suçais le vit qui se retirait du cul de Clairwil, et elle suçait celui qui sortait du mien. On redoubla, de manière qu'après cette première scène, nous avions été foutues chacune cent vingt-huit coups en con et cent vingt-huit en cul, formant deux cent cinquante-six en tout. On servit des biscuits et des vins d'Espagne, puis les groupes se formèrent.
Nous reçûmes à la fois huit hommes : nous avions un vit sous chaque aisselle, un dans chaque main, un dans les tétons, un dans la bouche, le septième en con, le huitième en cul. Ici plus de condons ; il fallait que tous déchargeassent, afin que nous nous trouvassions arrosées de foutre sur toutes les parties de notre corps, et que, de toutes parts, on le vît bouillonner sur nous. Chaque brigade de huit redoubla, en changeant de femme et de manière de foutre, de façon que nous éprouvâmes chacune huit pareils assauts, au bout desquels nous n'exigeâmes plus rien. Toutes deux offertes à leur lubricité, nous leur déclarâmes qu'ils étaient les maîtres de choisir entre Clairwil et moi, et de jouir comme bon leur semblerait. Clairwil, de cette manière, fut encore foutue quinze coups en bouche, dix en con et trente-neuf en cul ; et moi quarante-six en cul, huit en bouche et dix en con : deux cents coups chacune au total*.

(*) De manière que ces deux honnêtes créatures, sans compter la bouche qui ne produit pas une sensation assez marquée pour être comptée, avaient été foutues jusque-là, Clairwil cent quatre-vingt-cinq coups, et Juliette cent quatre-vingt-douze, cela, tant en con qu'on cul. Nous avons cru devoir établir cette addition pour en éviter la peine aux femmes qui, sans cela, n'auraient pas manqué de s'interrompre ici pour la faire. Remerciez-nous, mesdames, et imitez nos héroïnes, c'est tout ce que nous vous demandons ; car votre instruction, vos sensations et votre bonheur sont en vérité le seul but de nos fatigants travaux ; et si vous nous avez maudits dans Justine, nous espérons que vous nous bénirez dans Juliette."

(Juliette ou La prospérité du vice)


   
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