"Celui qui veut unir dans
un accord mystique
L'ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour
Ne chauffera jamais son corps paralytique
A ce rouge soleil que l'on nomme l'amour !
Va, si tu veux, chercher un fiancé stupide;
Cours offrir un coeur vierge à ses cruels baisers;
Et pleine de remords et d'horreur, et livide,
Tu me rapporteras tes seins stigmatisés;
On ne peut ici-bas contenter qu'un seul maître ! »
Mais l'enfant, épanchant une immense douleur,
Cria soudain :-« Je sens s'élargir dans mon être
Un abîme béant; cet abîme est mon coeur,
Brûlant comme un volcan, profond comme le vide;
Rien ne rassasiera ce monstre gémissant,
Et ne rafraîchira la soif de l'Euménide,
Qui, la torche à la main, le brûle jusqu'au sang.
Que nos rideaux fermés nous séparent du monde,
Et que la lassitude amène le repos !
Je veux m'anéantir dans ta gorge profonde,
Et trouver sur ton sein la fraîcheur des tombeaux. »