Pascal Pia

Ondine encor toute trempée
Puisse-je te montrer un jour
Les coquilles de mon épée
Rompue aux fentes de l'amour.
Amour, ô dangereuse escrime
Où Priape est passé prévôt,
Je me consacre à tes travaux
Sous l'enseigne Aux Amis du crime...
Les filles étaient sans-culottes
Aux sombres jours de la terreur;
Je veux qu'ouvrant la bouche en coeur
Ce soit toi qui me décalottes !

Toi que consume un feu nocturne,
Ne penses-tu pas que l'amour
Puisse éclairer au point du jour
Ton doux visage taciturne ?
Une attendrissante gougnotte
Rêve au dortoir, à la chienlit
Où deux fillettes dans un lit
Jouaient au garçon, motte à motte.
Voici l'image libertine
Que renvoie un miroir terni :
Mademoiselle Gamiani
Suçant la fraise de ma pine !

(Complément au Bouquet d'Orties - 1924)


   

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