Des déesses et des mortelles,
Quand ils font voir les charmes nus,
Les sculpteurs grecs plument les ailes
De la colombe de Venus.
Sous leur ciseau s'envole et tombe
Ce doux manteau qui le revêt,
Et sur son nid froid lu colombe
Tremble sans plume et sans duvet.
0 grands païens, je vous pardonne ;
Les Grecs enlevant au contour
Le fin coton que Dieu lui donne,
Otaient son mystère à l'amour,
Mais nos peintres tondant leurs toiles
Comme des marbres de Paras,
Fauchent sur les beaux corps sans voiles
Le gazon où s'assied Eros.
Pourtant jamais beauté chrétienne
N'a fait à son trésor caché
Une visite athénienne,
La lampe en main, comme Psyché.
Au soleil tirant sans vergogne
Le drap de la blonde qui dort,
Comme Philippe de Bourgogne
Vous trouveriez la toison d'or ;
Et la brune est toujours certaine
D'amener autour de son doigt,
Pour le diable de La Fontaine,
Ce fil tors que rien ne rend droit.../...